Notations
On note dans la suite :
(A,B) est un couple de matrices compatible si :
| ∑ k |
bi k ak j = | ∑ l |
ai l bl j = | ai j − δi j |
qui signifie que, au δi j près :
Remarque :
Avant toute chose, il faut savoir si la notion est pertinente, c'est-à-dire s'il existe au moins un couple de matrices (A,B) qui vérifie la condition de compatibilité.
Il en existe. On peut prendre par exemple pour A la matrice identité et pour B la matrice nulle.
Soit Tp q la transformation :
| Tp q : | αi j = ai j + ai p aq j |
| βi j = bi j + δi p δq j |
Tp q intuitivement rajoute l'arc « p est fils de q ».
Alors pour (A,B) compatible, Tp q(A,B) est compatible si aq p = 0.
On remarque que la condition signifie très précisément :
« on reste compatible tant qu'on n'introduit pas de cycle. »
Calcul
∑ βi k αk j
= ∑ (bi k + δi p δq k) (ak j + ak p aq j)
= ∑ bi k ak j + δi p (aq j + aq p aq j) + ∑ bi k ak p aq j
= (ai j − δi j) + δi p aq j + (ai p − δi p) aq j
= (ai j + ai p aq j) − δi j = αi j − δi j
∑ αi l βl j
= ∑ (ai l + ai p aq l) (bl j + δl p δq j)
= ∑ ai l bl j + δq j(ai p + ai p aq p) + ∑ ai p aq l bl j
= (ai j − δi j) + δq j ai p + ai p (aq j − δq j)
= (ai j + ai p aq j) − δi j = αi j − δi j
Soit Sp q la transformation :
| Sp q : | ~ai j = ai j − ai p aq j |
| ~bi j = bi j − δi p δq j |
Sp q intuitivement supprime l'arc « p est fils de q ».
Alors pour (A,B) compatible, Sp q(A,B) est compatible si aq p = 0.
De plus, on a : Sp q Tp q (A,B) = (A,B).
Calcul
La compatibilité de Sp q(A,B) se démontre de la même façon que pour Tp q(A,B).
On calcule : Sp q Tp q (A,B) = (A,B).
~αi j | = αi j − αi p αq j |
= (ai j + ai p aq j) − (ai p + ai p aq p) (aq j + aq p aq j) | |
= ai j + ai p aq j − ai p aq j = ai j |
(sachant que (A,B) est compatible, on a : aq p = 0)
Soit (A,B) un couple de matrices compatible.
| Up q : | ~ai j = ai j + x ai p aq j |
| ~bi j = bi j + x δi p δq j | |
| Vm n : | ~ai j = ai j + y ai m an j |
| ~bi j = bi j + y δi m δn j |
avec x et y = 1 ou −1.
Alors :
Up q Vm n = Vm n Up q
si les transformations préservent la compatibilité.
Calcul
On note :
Up q (A) = [ Uai j ] | Vm n Up q (A) = [ VUai j ] |
Vm n (A) = [ Vai j ] | Up q Vm n (A) = [ UVai j ] |
VUai j | = (Uai j) + y (Uai m) (Uan j) |
= (ai j + x ai p aq j) + y (ai m + x ai p aq m) (an j + x an p aq j) | |
= (ai j + x ai p aq j + y ai m an j) | |
UVai j | = (Vai j) + x (Vai p) (Vaq j) |
= (ai j + y ai m an j) + x (ai p + y ai m an p) (aq j + y aq m an j) | |
= (ai j + x ai p aq j + y ai m an j) |
Les termes croisés sont respectivement :
x2y an p aq m ai p aq j et xy2 an p aq m ai m an j
Ils sont nuls, puisque par compatibilité on a :
| Up q est compatible sur (A,B), donc : | aq p = 0 |
| Vm n est compatible sur Up q(A,B), donc : | Uan m = 0 = an m + x an p aq m |
| Vm n est compatible sur (A,B), donc : | an m = 0 |
| Up q est compatible sur Vm n(A,B), donc : | Vaq p = 0 = aq p + y aq m an p |
ce qui montre deux fois que : an p aq m = 0.
On remarque qu'ici la condition de compatibilité se traduit par le fait que dans le graphe :
p → q (concerne l'application de Up q)
m → n (concerne l'application de Vm n)
on ne doit pas introduire de cycle : la condition an p aq m = 0 signifie bien qu'on ne doit pas construire de cycle en deux étapes.
Note :
Avec trois transformations (p q,x) (m n,y) (r s,z), la commutativité imposerait :
as r + x as p aq r + y as m an r + xy (as m an p aq r + as p aq m an r) + xy2 as m an p aq m an r = 0
Les paramètres étant quelconques, on en déduit :
| (a) | as r = 0 |
| (b) | as p aq r = 0 |
| (c) | as m an r = 0 |
| (d) | as m an p aq r = 0 |
| (e) | as p aq m an r = 0 |
| (f) | as m an p aq m an r = 0 |
On retrouve donc les conditions de formation d'un cycle en trois étapes – plus particulièrement dans les cas (d) et (e).
Partant pour A de la matrice identité et pour B de la matrice nulle, qui forment un couple de matrices compatible, on conserve un couple de matrices compatible par application des transformations du type Tp q ou Sm n. De plus, la transformation Sp q est bien l'inverse de Tp q, et ceci même quand on ne l'applique pas immédiatement après la transformation Tp q, du fait de la commutativité des transformations sur des couples de matrices compatibles.
On peut ainsi dégager les deux propriétés :