3. La structure de Graphe : les hypertextes
La notion d'hypertexte remonte à 1967, avec T.H. Nelson [Nel 67] – qui lui-même se réclame de V. Bush, et le "memex", qui date de 1945. Il s'agit d'un texte structuré qui, par définition, ne peut être imprimé sous une forme satisfaisante ; les relations qui lient les divers éléments du document sont en effet trop étroites pour qu'une forme imprimée puisse réellement les refléter. Dans [YMD 85] on étend en fait l'hypertexte à l'utilisation de supports d'information plus riches que la seule représentation textuelle : on y inclut aussi le graphisme, qui doit être intimement lié au texte, comme il apparaît pas exemple dans la présentation de l'hypertexte Intermedia donnée dans l'article.
Le but d'un tel outil est double :
- Favoriser la lecture d'un document par analogie : un point du document qui nécessite quelque approfondissement est "physiquement" attaché à une autre partie du document où ce point est développé ; l'utilisateur peut alors lui-même modeler l'organisation du document qu'il consulte selon la précision de l'information qu'il souhaite en retirer. Une telle approche répond donc très simplement à la délicate question des notes, placées en bas de page ou en fin de document : les notes sont ici des références à d'autres textes auxquels le lecteur peut immédiatement accéder à son initiative.
Un exemple d'une riche application de la notion d'hypertexte peut être pris dans [WeB 85] : il y est présenté une « Encyclopédie électronique » qui mêle le texte au graphisme (et à une note de fantaisie) et qui relie finement certaines notions connexes – soit des références à d'autres articles, soit des notions plus vagues, comme la conversion d'une distance exprimée en miles par celle exprimée en kilomètres.
- Impliquer le lecteur, lors de sa lecture, en le faisant participer à la construction du document. Par exemple dans [Cat 79], on utilise un hypertexte pour enseigner la critique littéraire : l'auteur constate une meilleure participation des étudiants au "cours", du fait des dialogues possibles entre les élèves et le professeur ou même entre les élèves. Dans [Wey 82] il s'agit d'une expérience menée avec des élèves du secondaire : il leur est proposé des questions assez précises, et l'on compare la facilité avec laquelle ils en trouve la réponse, soit par la consultation d'un "livre-papier", soit par l'utilisation d'un hypertexte ; l'expérience montre que la seconde situation donne de meilleurs résultats, quoiqu'il faille se garder d'une généralisation hâtive du fait de la taille réduite de l'expérience menée.
On cite l'hypertexte TEXTNET [TrW 86], parmi beaucoup d'autres. Dans l'article mis en référence, les auteurs relèvent en particulier les caractéristiques des hypertextes :
- hiérarchie des textes – structure de Graphe ;
- cheminement ; c'est un des problèmes de l'hypertexte : l'utilisateur ne sait pas toujours très bien "où il se trouve", du fait même de la structure de graphe du document ;
- support distribué ;
- gestion des versions et des accès concurrents ; c'est un autre problème de l'hypertexte : étant impliqué dans la rédaction du document, quel contrôle assurer pour éviter les incohérences issues d'une utilisation partagée ?