Le fil conducteur des travaux n'a pas été l'idée de définir un nouvel outil, un éditeur convivial qui offre de nouvelles fonctionnalités, mais de proposer une autre manière de mener l'étape de la programmation, ce qu'on a appelé l'« approche inductive » : répondre d'emblée au problème, précisément et incomplètement, et accroître les fonctionnalités du programme par un procédé de grossissement qui préserve l'effort antérieurement fourni.
L'objectif n'était donc pas de construire un produit « industriel » ni même de réaliser une maquette démonstrative : c'était, et cela reste, de valider la démarche ; pour ce faire, il fallait développer un exemple de taille suffisamment importante, progressivement et entièrement ; pour développer l'exemple, il fallait un outil, support de l'expression. C'est pour cet outil que l'on s'est « brisé sur la barrière de la complexité (une fois de plus) », en paraphrasant T. Winograd. L'outil est imparfaitement construit, l'exemple est incomplètement traité, la démarche n'est pas pleinement validée.
Une première maquette a été faite ; elle travaillait sur la syntaxe concrète, partiellement définie – la référence ref était un peu moins générale qu'à présent.
Le programme est très simple, mais le développement d'un exemple de grande taille est particulièrement ardu.
Une deuxième maquette a été faite : c'est l'éditeur ligne ; il travaille sur la syntaxe abstraite.
L'éditeur, dans son principe, offre les fonctionnalités requises pour le développement complet d'un exemple ; en pratique, l'utilisation d'un éditeur ligne fait de tout développement d'une certaine envergure une tâche très pénible.
Une troisième maquette a été faite : c'est l'éditeur page ; il travaille sur la syntaxe abstraite, avec une interface plein écran, multi-fenêtre, multi-tampon.
Compte tenu des orientations actuelles dans le programme, l'éditeur dans un premier temps travaillerait plutôt sur la syntaxe concrète ; mais en l'état il ne travaille sur aucune syntaxe : on réalise l'édition conviviale d'un document structuré mais pas la « concentration des textes ».